Infuser son thé avec un infuseur

Infuser son thé avec un infuseur

Un filtre à thé est-il une nécessité ? Pour préparer une infusion de thé (quand on a pas de machine à thé), nous devons songer à un système de filtration : ce sera le filtre à thé. Il est en effet difficilement envisageable de déguster des feuilles de thé directement, comme une vulgaire salade, car elles ont été préalablement séchées et craqueraient dans la bouche. Par ailleurs, la feuille de thé est très riche en composants polyphénoliques au goût très amer. Exit donc la salade de thé en vinaigrette.

Les différentes sortes de filtres à thé

Il ne nous reste plus qu’à inventer le filtre à thé. Puisqu’il n’est pas possible de consommer la feuille de thé, nous devons imaginer un ustensile permettant à la fois de la laisser en contact avec de l’eau et de l’en isoler, ce qui semble paradoxal, voire illusoire. C’est là que l’intelligence humaine a pu donner toute la mesure de sa puissance, en soumettant à notre volonté un élément physique aussi mystérieux qu’immatériel : le trou.

Ce trou n’est pas seulement une zone vide, mais c’est surtout une zone vide entourée de matière pleine, et c’est cette dernière qui confère à notre trou sa caractéristique première : il se laisse volontiers traverser par des objets plus petits que lui, mais il s’oppose vaillamment au passage de toute particule de taille supérieure à la sienne. C’est par la grâce de ce miracle que nos feuilles de thé livreront leur infusion sans que nous ayons à les mâcher. Astuce suprême, afin d’augmenter le débit trop réduit de notre trou, nos aînés ont pensé à multiplier les trous de dimensions identiques sur une même plaque : la filtration était née.

Après avoir brillamment inauguré cet instrument magique, nos ancêtres n’ont pas résisté au besoin de compliquer un peu les choses en créant diverses sortes de filtres à thé, que nous pourrons ainsi apprécier dans diverses configurations. La sélection naturelle opérée par les consommateurs réguliers de ce breuvage a réduit à trois modèles principaux les possibilités de choix de notre filtre à thé : nous ne décrirons pas le filtre pour machine à thé, dont la technicité surpasse nos modestes capacités d’entendement, et qui d’ailleurs se dissimule à nos regards à l’intérieur de l’appareil pour mieux nous narguer.

Le plus utilisé est la boule à thé dont la forme, comme son nom ne l’indique pas, peut présenter indifféremment une apparence sphérique, cylindrique, cubique, tétraédrique ou une combinaison de ces formes élémentaires, voire même un motif quelconque laissé à l’imagination de son créateur. Il lui est tout de même demandé de posséder des trous pour que puisse s’opérer l’infusion, et notre boule se doit également d’être équipée d’une trappe pour le renouvellement des feuilles de thé après qu’elles aient livré leur arôme et d’une chaînette. Le fonctionnement d’une boule à thé est des plus simples : une fois emplie de feuilles, on la trempe dans de l’eau chaude pendant la durée précise exigée par les amateurs du breuvage, puis on la retire. C’est le moment où l’on s’aperçoit que l’on a très bien fait de l’équiper de cette petite chaîne pour l’extraire de la théière.

Nous passerons rapidement sur le sachet tout prêt en papier qui, si on ne peut lui renier la qualité de filtre à thé puisqu’il autorise la perfusion de l’eau à travers les feuilles, est d’un emploi bien trop simple pour les amateurs de cette boisson quasi rituelle.

Nous garderons pour la bonne bouche, ce qui est bien le moins s’agissant d’une boisson, une autre manière de filtrer le thé : c’est la passoire. Avec elle, le candidat à la réalisation du breuvage jette directement les feuilles de thé dans l’eau chaude et les laisse infuser ainsi. Après la durée réglementaire, il verse le tout dans une tasse à travers la passoire, et le tour est joué.

Enfin, nous devons mettre au jour une technique d’emploi fort délicat, qui requiert une habileté exceptionnelle et une attirance certaine pour le risque, c’est le non-filtre : le virtuose dépose les feuilles de thé directement dans sa tasse, les laisse tomber au fond, et boit le liquide surnageant sans avaler de feuilles, à l’admiration générale de l’assistance.

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